Implant Party : tout ça pour ça..?

Samedi dernier, l’association suédoise BioNyfiken organisait une soirée autour des implants NFC dans le cadre de Futur en Seine : conférence sur le biohacking, implantation par un tatoueur/perceur et discussion avec un panel d’invités étaient au programme. La soirée a pas mal fait parler d’elle dans les médias (ici, ou encore ). Il faut dire que BioNyfiken en a l’habitude : des Implant Parties, il y en a déjà eu quelques unes comme à Stockholm, Londres ou Miami. Concrètement, il n’y aura eu que 8 personnes de pucées ce soir-là.

Sur le principe, un implant NFC ne peut que me plaire. On incorpore volontairement un morceau de technologie sans que ce soit dans un but thérapeutique, on augmente ses capacités naturelles en gérant autrement de l’information, bref, on fait du proto-transhumanisme. Mais ce qui a été présenté par BioNyfiken ne nécessite EN RIEN d’être sous-cutané. Une puce NFC peut servir entre autres à :

  • s’authentifier, qu’il s’agisse de déverrouiller son smartphone, démarrer sa voiture, ouvrir une porte, badger au travail…
  • payer sans contact, avec Google Wallet par exemple (les pickpockets n’auront-ils plus qu’à effleurer un max de mains dans le métro ?)
  • partager facilement des informations, comme des liens (éventuellement malveillants si l’on veut hacker de l’Android) ou sa carte de visite

Pour faire tout ça, on peut largement se passer d’implant : une bague NFC sera aussi efficace, comme par exemple la très originalement nommée NFC Ring, et ne demandera pas de s’entailler la main à chaque envie d’upgrade matériel ! Comme le dit Hannes Sjöblad, le fondateur de BioNyfiken et ambassadeur pour la Suède de la Singularity University, les puces actuelles ne sont que la première génération. Quand de futures versions embarqueront des capteurs, là l’implantation prendra tout son sens. En attendant, ça semble surtout servir à se la péter en société en croyant que ça fait de soi un cyborg (dans quel cas on a dans le monde des millions de moutons cyborgs et autre bétail augmenté).

La conférence a été filmée : pour aller directement à l’insertion de la puce, c’est à la 37ème minute que ça se passe.

Crédit photo : DangerousThings

2 Réponses

  1. Lynda dit :

    C’est pas un peu sévère de dire que ça ne sert à rien ? C’est quand même un pas vers le transhumanisme. Faut bien commencer petit quoi. Et c’est bien de tester comme ça, pour être plus au courant et plus apte à traiter les futures évolutions du truc non ?

  2. Vincent Corlay dit :

    Transhumanisme et bodymod se rejoignent ici sur la forme je suis d’accord, par contre sur le fond c’est le jour et la nuit à mes yeux. Avec le bodymod on cherche la transgression / réappropriation du corps comme avec les tatouages et piercings, ça n’a un intérêt que psychologique et esthétique. Il manque le plus important pour que ce soit transhumaniste : une recherche rationnelle d’augmentation de capacité. Dans un cas l’implantation est un but en soi, dans l’autre un simple moyen dont on peut se passer si on trouve mieux (ici, une bague) :)

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